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La philosophie d’ACAS concernant la Chrétienté et le développement humain

De façon étrange et dans presque chaque réunion du Board International d’ACAS, cette question est accueillie par la même réponse silencieuse. Pourtant, dans son statut de fonctionnement, ACAS a proclamé de manière éloquente et répétée sa philosophie sociale, notamment par rapport, a l’Eglise de Jésus-Christ, le développement humain, englobant ainsi le la doctrine sociale d’ACAS, la proclamation de l’Evangile du Christ et le bien-être humain.
Il y a trois ans, en exprimant nos désirs pour améliorer la vie sociale de nos membres, nous avions posé une question : “Est-ce que ceux que nous avons en formation, tenant compte de notre capacité de rassembler nos frères et sœurs en une seule foi religieuse, pourraient très certainement aider a un changement social et l’amélioration des conditions de vies précaires de nos concitoyens d’Haïti et du reste du Monde ?
Mais la vérité est, comme une Conférence du Board International l’a récemment déclaré, que “Beaucoup trop de Chrétiens ne connaissent pas bien” l’enseignement social de l’Église. Le Fondateur d’ACAS, Pasteur Luckinson Charles, ajoutait : “Beaucoup de Chrétiens ne comprennent pas clairement que l’amour et la compassion pour les faibles, est une partie essentielle de la foi Chrétienne.
Pourquoi cette partie essentielle de notre foi Chrétienne est-elle si peu connue ? La raison en est que les projets sociaux et la doctrine sociale d’ACAS n’a pas été résumée de façon pratique pour nos membres, nos internautes et le public en général.
Elle n’a pas été mise en forme dans un souci d’apprentissage collectif comme l’ont été les dix commandements de la Bible Chrétienne. Comment pourrions-nous aider notre communauté à proclamer cette partie, relativement inconnue, mais essentielle de notre foi ? D’une certaine façon, la réponse est simple, mais aussi très exigeante : nous devons d’abord connaître cet enseignement nous-mêmes et puis ensuite le communiquer aux autres.
A la manière de la Bible, nous voulons vous présenter les dix que nous utilisons pour repondre aux besoins de nos membres et de notre communauté général. Ce sont les dix pierres solides sur lesquelles repose toute dignité de l’etre humain, et, particulièrement, l’essence meme de la philosophie d’ACAS sur le developpement, l’eneseignement et la Proclamation de l’Evangile de Jesus-Christ.

1- Le principe de la dignité de la personne humaine

“Tout être humain est créé à l’image de Dieu et racheté par Jésus Christ. Il est donc sans prix et digne de respect en tant que membre de la famille humaine”. Chaque personne quels que soient sa race, son sexe, son âge, sa nationalité d’origine, sa religion, son orientation sexuelle, son statut vis-à-vis de l’emploi, son niveau économique, sa santé, son intelligence, sa réussite ou n’importe quelle autre caractéristique engendrant des différences, est digne de respect.

2- Le principe du respect de la vie humaine.

Chaque personne, depuis le moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle, a une dignité inhérente et un droit à la vie en conformité avec cette dignité. La vie humaine à chaque étape de son développement et de son déclin est précieuse et donc digne de protection et de respect. Il est toujours coupable d’attaquer directement une vie humaine innocente. ACAS voit le caractère sacré de la vie humaine comme faisant partie de toute vision morale d’une société juste et bonne.

3- Le principe d’association.

Notre tradition proclame que la personne n’est pas seulement sacrée mais sociale. La façon dont nous organisons la société -au niveau économique et politique, légal et juridique- affecte directement la dignité humaine et la capacité des individus à grandir en communauté. La famille est le point central de la société; la stabilité familiale doit toujours être protégée et jamais dévaluée. En s’associant avec d’autres – en famille et dans d’autres institutions sociales qui favorisent la croissance, protègent la dignité et promeuvent le bien commun – les personnes humaines atteignent leur épanouissement.

4- Le principe de participation.

Nous croyons que les gens ont le droit et le devoir de participer à la société en cherchant ensemble le bien commun et le bien-être de tous, spécialement des pauvres et des personnes vulnérables.

Sans participation, les biens qui sont mis à la disposition de la personne par une quelconque institution sociale ne peuvent être obtenus. La personne humaine a le droit de ne pas être privée, de participer à ces institutions qui sont nécessaires à l’épanouissement humain.

Ce principe s’applique de façon particulière aux conditions liées au travail. “Le travail est plus qu’une manière de gagner sa vie ; c’est une forme de participation continue à la création de Dieu. Si la dignité du travail doit être protégée, les droits fondamentaux qui sont le privilège des travailleurs doivent aussi être respectés – le droit à un travail productif, à un salaire convenable et juste, le droit d’organiser des syndicats et d’y adhérer, le droit à la propriété privée et à l’initiative économique.

5- Le principe de la protection préférentielle des pauvres et des personnes vulnérables.

Nous croyons que nous rejoignons le Christ lorsque nous rejoignons les personnes dans le besoin. La parabole du jugement dernier joue un rôle important dans la tradition de notre FoiChreteinne. Depuis ses origines, l’Église a enseigné que nous serons jugés par ce que nous avons choisi de faire ou de ne pas faire vis-à-vis des affamés, des assoiffés, des malades, des personnes sans domicile, des prisonniers.
Aujourd’hui ACAS exprime cet enseignement par le terme “d’option préférentielle pour les pauvres”. Pourquoi un amour préférentiel pour les pauvres ?
Pourquoi mettre en premier les besoins des pauvres ? Parce que le bien commun, le bien de la société dans son ensemble, l’exige. Le contraire de riche et puissant est pauvre et sans pouvoir. Si le bien de tous, le bien commun doit l’emporter, une protection préférentielle doit être apportée à ceux qui souffrent de l’absence de pouvoir et des effets de la privation. Autrement l’équilibre nécessaire pour maintenir le tissu de la société serait brisé au détriment de tous.

6- Le principe de solidarité.

La Philosophie et L’enseignement social d’ACAS proclame que nous sommes les gardiens de nos frères et de nos sœurs où qu’ils se trouvent. Nous formons une seule famille humaine… Apprendre à pratiquer la vertu de solidarité signifie apprendre que “aimer notre prochain a des dimensions globales dans un monde interdépendant.
Le principe de solidarité conduit à des choix qui assureront la promotion et la protection du bien commun.
La solidarité nous appelle à ne pas répondre seulement à des malheurs personnels et individuels; il y a des problèmes de société qui sont un cri exigeant des structures sociales plus justes. Pour cette raison, ACAS nous appelle souvent, aujourd’hui, non pas seulement à nous engager dans des œuvres charitables, mais aussi à travailler à la justice sociale.

7- Le principe de gérance.

La philosophie et la tradition d’ACAS insiste sur le fait que nous montrons notre respect pour le Créateur par notre gestion de la création. Celui qui gère est un administrateur, pas un propriétaire.

A une époque de prise de conscience grandissante de notre environnement physique, notre tradition nous appelle à nous sentir moralement responsables de la protection de l’environnement – terres cultivables, prairies, espaces boisés, air, eau, minéraux et autres gisements naturels-. Les responsabilités de gérance s’appliquent aussi à l’attention de notre santé et à l’usage de nos talents personnels et de nos biens.

8- Le principe de l’égalité humaine

L’égalité de toutes les personnes vient de leur dignité essentielle… Si les différences de talents font partie du plan de Dieu, la discrimination sociale et culturelle vis-à-vis des droits fondamentaux n’est pas compatible avec le dessein de Dieu
Traiter ses semblables avec égalité est une manière de définir la justice, comprise aussi de façon classique comme le fait de rendre à chacun ce qui lui revient. Sous-jacent à cette notion d’égalité est le simple principe de justice; une des plus précoces sentiments éthiques ressentis dans l’être humain en développement est le sens de ce qui est “juste” et de ce qui ne l’est pas.

9- Le principe de subsidiarité.

Ce principe a trait principalement aux “responsabilités et limites du gouvernement et au rôle essentiel des associations bénévoles.
Le principe de subsidiarité met une limite nécessaire au gouvernement en insistant sur le fait que le niveau supérieur d’une organisation ne doit pas effectuer des opérations qui peuvent être prises en compte efficacement et effectivement à un niveau inférieur par des personnes ou des groupes qui sont plus proches des problèmes et du terrain. Les gouvernements oppressifs violent toujours le principe de subsidiarité ; des gouvernements trop actifs le violent aussi parfois.
D’un autre côté, les individus se sentent souvent démunis face à des problèmes sociaux décourageants : le chômage, les gens qui dorment sur les pas de porte ou qui mendient au coin des rues. Comme ces problèmes ont des dimensions de société, ce n’est ni une personne ni un groupe qui pourront les résoudre. Tout en respectant la subsidiarité, le gouvernement qui reçoit les impôts doit aider les individus, les communautés plus petites et la communauté nationale à faire quelque chose pour résoudre de tels problèmes sociaux. En payant des impôts, nous contribuons ainsi à l’établissement de la justice sociale.

10- Le principe du bien commun.

Le bien commun est compris comme les conditions sociales qui permettent aux gens d’atteindre leurs pleines potentialités et de réaliser leur dignité humaine.
Les conditions sociales, auxquelles l’Eglise pense, présupposent “le respect des personnes”, “le bien-être et le développement social du groupe” et le maintien de la paix et de la sécurité par l’autorité publique. Aujourd’hui, dans un âge d’interdépendance globale, le principe du bien commun conduit au besoin de structures internationales qui peuvent promouvoir le juste développement des personnes et des familles par-delà les frontières régionales et nationales.
Ce qui constitue le bien commun sera toujours matière à discussion. L’absence de sensibilité au bien commun est un signe certain de décadence dans une société. Quand le sens de la communauté s’érode, le souci du bien commun diminue. Un bon souci communautaire est l’antidote à un individualisme effréné qui, comme l’égoïsme sans limite dans les relations personnelles, peut détruire l’équilibre, l’harmonie et la paix au sein des groupes, des voisinages, des régions et des nations.
Voilà les dix principes. Il est très beau de faire entrer cet enseignement social d’ACAS dans l’essentiel de la foi. En le faisant, nous affirmons que ce que nous croyons est à la source de ce que nous faisons. Pour l Notre philosophie de base repose donc sur ces dix pierres de construction :
  1. La dignité de la personne humaine,
  2. La vie humaine,
  3. L’association,
  4. La participation,
  5. La préférence pour les pauvres,
  6. La solidarité,
  7. La gérance,
  8. La subsidiarité,
  9. L’égalité,
  10. Le bien commun.

Faire passer cet enseignement

Aujourd’hui nous vous encourageons, ainsi que tous les membres de notre Famille ‘ACAS, à communiquer aux autres cet enseignement social de notre organisation. Cet enseignement doit être très important pour nous qui vivons dans la Foi et dans la tradition Chrétienne.

L’option préférentielle d’ACAS pour les pauvres en découle. Si nous et d’autres sommes profondément enracinés dans cette “partie essentielle de la foi Chrétienne, les pauvres en profiteront sûrement. Je voudrais vous offrir une série rapide de suggestions concrètes sur la façon d’utiliser ces principes.